Rêve de môme se projette en image, en croquis et plus loin encore…

Bonne année,  à toutes et à tous,
2016 sera pour nous l’aboutissement d’un rêve et la préparation du suivant

Pour toutes celles et ceux qui ont rêvé le monde avec nous à travers les mots et les images du blog, voici enfin la sortie de notre film.

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Le film dure 50 minutes
En voici un court extrait:

Son petit prix est de 12 € sans le port, livraison gratuite à vélo dans un rayon de 50 kms autour de Paris.
15 € pour tous les autres.
Si vous voulez vous le procurer, envoyez nous un mail : pachinose@gmail.com
ou telephonez au 06 56 75 16 93

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Les projections du film:

Juillet 2015: festival du voyage lent du Roc Castel
http://virgoa.free.fr/lundi-27-recits-de-voyage.html

Janvier 2016: festival du voyage à vélo du cci à Paris
http://www.cyclo-camping.international/festival

Le 23 janvier, festival ABM aventure au bout du monde, à Paris. 
http://www.abm.fr/event/1767-journee-du-voyage-et-de-l-aventure.html

Le 30 et le 31 janvier: festival du voyage à vélo de Nancy
http://www. planeteveloaventure.com/index.php?option=com_content&view=article&id=6&Itemid=7

Etc..

Dans un avenir proche,
Un carnet de voyage se dessine à l’horizon… mais en attendant vous pouvez d’ores et déja participer et contribuer à sa réalisation en achetant les dessins originaux.
les fonds collectés serviront à payer l’edition du carnet.

Les dessins sont croqués sur des feuilles de papier aquarelle 300g dimenion A5, A4  et A3 pour encadrement,
prix mini sans cadre
A5 : 35 €, A4: 45€, A3: 55 €
Avec cadre +30 € port inclus
Pour les commander, envoyez nous un mail sur pachinose@gmail.com.
Il y en a plein d’autres à voir sur demande.

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Et voilà le nouveau défi en exclusivité:

ENSEMBLE POUR QUE LA ROUE TOURNE À MADAGASCAR

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.Après 6 mois d’itinérance sur l’île rouge en 2010, à bicyclette et la traversée de l’Afrique de l’Est toujours à vélo avec nos gamins, entre 2013 et 2015, nos convictions se sont aiguisées. Pour que la roue tourne, nous orientons nos guidons vers Madagascar.  À l’issue d’un chemin d’exploration, nous établirons là bas une maison du vélo constituée d’une flotte de vélos enfants et adultes à partir de vieux vélos recyclés. Nous organiserons des balades pédagogiques avec les écoles locales, et des travaux pratiques autour du vélo: mécanique,  velos projecteur, velo generateur, mixeur, hydraulique etc… Vous y serez les bienvenus pour participer directement aux ateliers et/ou pour pédaler dans les randonnées cyclo touristes à la découverte des richesses locales et des gens.

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Au nom de l’association la roue tourne, nous vous invitons à vous joindre à notre entreprise solidaire. Que ce soit en relayant cette initiative, en l’enrichissant de vos compétences ou en apportant votre soutien logistique, financier, même modeste,  vous contribuerez à la réussite de ce défi. 
Exemple de besoins:
Vous avez dans votre débarras des vieux vélos, contactez nous, adhérez à ce défi,  donnez un nom à votre ancien vélo,  et suivez son devenir recyclé, sa réincarnation dans un cadre exotique.  
Vous avez des pièces détachées: dérailleurs, roues, pneux, pédaliers, gaines, câbles, freins, manettes…envoyez les ou contactez nous, nous passerons les chercher.
Vous avez une petite place dans un container pour acheminer pièces détachées vélo , outils…en provenance de  France, ou Europe vers Madagascar.
– Des outils ( clefs, degauchisseuse, cintreuse, poste à souder, moteurs électriques usagés,  pompe à eau,  pompe piscine…)
– une contribution financière, etc….

Vous pouvez défiscaliser vos dons.
L’association LA ROUE TOURNE est un organisme “reconnu d’intérêt general”. 
A ce titre, elle a l’autorisation d’émettre des reçus fiscaux  (CERFA) qui donnent droit à des réductions d’impôt, égale à 66% des sommes versées dans la limite de 20% du revenu imposable. 
Par exemple, pour, un don de 1000 €, l’administration fiscale réduira votre impôt de 660 € . Vous n’aurez donc dépensé réellement que 340 €.

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En espérant vous entendre, vous voir… Faites un signe, un geste pour que la roue tourne!!

A très bientôt et merci d’avance à tous.
Greg,  Cécile, Hansel, Eusebio, Jao

Le père noël est un mendiant

Sentir, tâter, arpenter la terre en  bicyclette,  au rythme d’une famille avec 3 jeunes enfants dont 1 puis 2 qui pédalent. Venez respirer avec nous, rire, découvrir,  souffrir, endurer, supporter… Des nouveautés surgissent chaque jour, le monde est un livre ouvert. Fait de soleils, de paysages, d’actions, d’hommes,  de femmes et d’enfants inscrits dans leur tâche, leur cadre. Ces petits riens du quotidien pour eux, mis bout à tout sont des trésors pour nous et bientôt pour vous. Ils seront l’objet d’un nouveau livre de vie.

Nous les avons partagée avec vous tout au long du chemin, non sans mal parfois, tellement le travail d’écriture est comme le vélo, beau et astreignant. À chaque mot, à chaque tour de roue, nous nous demandons souvent pourquoi nous faisons cela. Nous avons eu si peu de commentaires que très vite nous nous sommes dit que les raisons d’entreprendre de telles choses étaient ailleurs, plus haut sans doute.
Il a fallu beaucoup lutter contre nos racines, mais aussi contre beaucoup de gens dubitatifs… Il a fallu nous faire violence pour nous surpasser, nous mettre des objectifs, trouver nous mêmes nos raisons d’avancer.

Après 18 mois  notre voyage s’achève sur une note peu ordinaire. Drôle de fin, drôle de sort, mais finalement, pourquoi pas? il a fallu du courage et de la volonté pour avancer, il faut maintenant en trouver pour pédaler dans nos têtes,  imaginer la suite…
Alors, si vous avez aimé lire nos aventures à travers notre  blog, ouvrez notre premier récit de voyage à vélo. Avec nos 2 aînés alors agés de 18 mois et 3 ans dans une carriole  “Madagascar,  empreinte moi dans l’errance” est la genèse de ce chemin.

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Et si vous l’avez déjà, donnez l’envie à une personne de votre connaissance de nous lire. Pour cela, faites tourner la page…. vous pouvez aussi nous aidez à le porter. Nous disposons d’un émouvant diaporama et d’une série de photos susceptibles d’agrémenter une longue soirée ou les gens pourront se le procurer. Alors si vous connaissez des lieux, des cafés, des restaurants, des librairies, des centres culturels, des salles des spectacles, des structures pour organiser ce type d’événements, merci de nous les renseigner.

Pour le commander, envoyez-nous nous un mail sur pachinose@gmail.com et envoyez votre règlement (30 € + 5 € pour le port). Nous pouvons même vous le porter en bicyclette!

Merci à vous tous de nous avoir lus, soutenus et invités…
Au plaisir de vous revoir très bientôt. Vous nous avez beaucoup manqué!

Mozambique: 11/11: forage et espionnage: ça sent le gaz…

Aujourd’hui,  c’est le grand jour. Un boutre à essayer à Msemo, en direction de Mocimba, une grande glissade sur l’océan en perspective pour éviter les enlisements sableux …aube d’une nouvelle errance. Abedie est de la partie, sacré equipage. Objectif, rejoindre l’île de Quirimba, son origine, ses parents nous y attendent.

A l’aube, à 5 heures, Greg et Abedie partent à pied jusqu’à Palma pour récupérer l’ordi de Chafim et un peu d’approvisionnement. 8 kilometers dans le sable, la mangrove. A peine arrivés là bas, c’est la douche froide. Un commandant de police nous demande nos papiers…ils sont à Kitupu…Nous sommes embarqués dans un pick up sans même pouvoir accomplir les tâches prévues.
Sur place, à Kitupu, la maison est à nouveau  encerclée. Les deux policiers armés qui nous ont accompagné déambulent. Le  gros commandant a pris nos passeports, et ne veut plus nous les rendre, nous sommes sommés de boucler nos bagages, d’embarquer. Les villageois en profitent pour se rapprocher à nouveau. On dirait l’arrestation d’un groupe d’indépendantistes cyclistes…Le gros remercie même le chef du village. Et dire que ce village va lui aussi disparaître de la carte, avalé par Anadarko.
À l’arrivée à Palma, Chafim réapparaît soudainement. Une grande attente nous attend.  Puis dans le bureau du gros commandant, tout  se tend. Pas de résolution de vols, mais plutôt celle de notre relation avec Chafim. Tout en portugais,  Greg nage. Chafim parle trop, il ment même pour peut-être inventer une longue amitié entre nous , facebook,  un passage à Ibo avant, il s’enterre, la police le serre. Il nous crée au passage une sale réputation, nous trainons avec de mauvaises fréquentations.. Chafim s’excuse, s’excuse encore. Il est trop tard, quelque chose se crispe.
Greg n’a pas autorisation à parler, Chafim n’a pas autorisation à lui traduire. Une heure plus tard, le commandant accuse Chafim, ce dernier s’emporte, surenchérit avec Maputo, l’autorité suprême, la région d’où il vient, réglera tout selon lui…le commandant semble doublé d’autorité, il se crispe encore, s’emballe, menace de prévenir la société Anadarko…selon lui, Chafim naurait pas dû accueillir des blancs roses chez lui. Ces derniers sont riches d’argent,  ils doivent aller à l’hôtel. La seule question hautement symbolique posée à Greg, “pourquoi voyagez vous?” Une réponse simple: “pour rencontrer les gens, s’enrichir de nouvelles cultures, éduquer les enfants, découvrir.. .pour l’humanité et la paix.”
La réponse est édifiante: “un touriste vient pour pêcher, nager avec des permis,  il ne  bifurque pas, ne s’égare pas sur les sentiers parallèles. ”
Il dit maintenant  à Abedie de se taire, il est trop jeune pour comprendre…le gros fait ça pour son avenir, ses enfants…

Du rêve au cauchemar… dans les griffes du loup, notre belle rencontre avec Chafim, puis celle de son jeune frère Abedie,  est mise à l’épreuve.
Nou attendons dehors longtemps, très longtemps avec les enfants. Le gros finit par nous déclarer: ” vous allez être reconduit à la frontière,  puis à Dar es Salaam.  Nous protestons, il ne veut même pas nous donner la raison. Nous refuson de monter dans la voiture qu’il a affrété pour nous. Il refuse de nous donner son nom. “L’Afrique, c’est comme ça,  pas de nom, pas de discussion, pas de droit, exécutez l’ordre! ” nous crions, les deux policiers armés nous menacent, nous forcent à rentrer dans le véhicule. Et encore une fois, pourquoi eux ont des armes,  le peuple doit se soumettre,  enterrer sa rancoeur?   Abedie accepte de nous accompagner pour traduire. Bringueballés à l’arrière du pick up, entassés avec les bicyclettes, la pleine lune éclaire nos visages tristes, haineux. Greg hurle dans la nuit, les policiers armés le visent,  Hansel le calme.

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Samedi 9h, Le chef d’immigration du poste de frontière de Namoto, Timbenga, nous prête humainement son téléphone. Nous contactons l’ambassade de France à Maputo, numéro d’urgence, de permanence. L’ambassadeur est en Afrique du sud, injoignable. Le consul est en vacances. 11h, Le premier conseiller Cyril Girardon nous rappelle, demande du temps. Le consul, Mr Scmudtz, nous appelle rapidement.
12h, l’ultimatum arrive, nous mangeons au ralenti, passons encore quelques appels, nous jouons la montre. Le gros commandant apelle le chef de police local, “Chipande”. Il a vraiment l’air d’un  boufon au garde à vous au téléphone… nous comprenons qu’il exige l’exécution immédiate, de son ordre nous expulser rapidement.
13h30, la montre ne joue plus. Cette fois, il nous reprend le téléphone. Pas de nouvelles de l’ambassade….

Nous acceptons de charger les vélos dans la voiture qui doit nous reconduire de l’autre côté de la rivière, côté tanzanien à condition qu’ils nous délivrent nos passeports et le papier officiel qui explique les raisons de notre renvoi. Le chef dimmigration accepte. Nous attendons les documents. 10 minutes plus tard, l’enveloppe arrive avec les passeports, sans le papier officiel. Au poste, Mr Timbanga, jusqu’à present très coopérant, refuse catégoriquement. Nous insistons, insistons, l’heure tourne encore. Haussements de tons, de voix, la rigidité érige son mur d’hostilité,    15 minutes plus tard, nous acceptons de partir, à condition de pouvoir recopier la lettre. Il accepte du bout des lèvres.  Et la copie s’avère plutôt une copie de tricheur, tellement le papier nous est montré puis repris puis montré…. voila le petit bout obtenu:

” para ordem do Ministerio de Imigração, poro teder sido encontrado a realizar investigaçoes nas aldeiasde Quitupoe Maganja local onde vão construir as futuros istalaçoés de fa ricae porto de gas naturel…

Inspector da policia de Palma
ALFANI cesar

Nous sommes expulsés pour cause d’espionnage sur le futur site de forage de pétrole et gaz de la société Anadarko… Avec 3 jeunes enfants, des  bicyclettes, et sans téléphone,  l’accusation semble  bien grotesque.

17h, le soleil se couche ici, il est trop tard pour partir. Nous refusons, exigeons le renvoi au lendemain….ils acceptent malgré eux… Abedie nous quitte, on se donne rendez vous plus tard, dans 15 jours peut être à Mocimboa, le temps de passer par un autre poste de frontière. Pour le remercier de son aide, nous pouvons, comme  beaucoup de gens l’ont fait sur notre route, lui glisser quelques billets pour l’encourager sur ce chemin volontaire.

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Dimanche 9/11, nous appelons encore l’ambassade en attendant l’expulsion. Ils ont soit disant prévenu la cellule de crise à Paris, la police diplomatique par SMS…???

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Une nouvelle voiture charge les vélos pour nous emmener de l’autre côté du fleuve. Le chef de police refuse de nous dire au revoir. 5 kilomètres, les deux policiers militaires veulent nous abandonner sur la  berge. Impossi le, vous devez nous accompagner jusqu’au poste de frontière tanzanien, à 10 kilomètres de laute côté u fleuve. Nous n’avons aucun papier officiel pour expliquer la situation, juste un tampon de sortie du territoire mozambicain. De plus, nous devenon illégaux sur le sol tanzanien, puisque nos visas sont expirés depuis longtemps…ils vont nou prendre pour des fous.
Ricardo, le olus humain, logique et clairvoyant, accepte notre raionnement., convaint son collègue,  et nous faisons ainsi demi tour.

Sur place, l’accueil est  brûlant. Le chef de police s’arrache les poils des oreilles.Et dire qu’il est allé à la messe ce matin…

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Face aux problèmes,  la famille se resserre.

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Nous découvrons enfin les cosses de haricots rouges que nous mangions depui 3 mois en Tanzanie.

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Hansel, toujours aussi volontaire,  intégre

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La poule est morte, la soupe est dure à avaler.

Lundi 10/11 , c’est l’anniversaire de Greg…nous téléphonons encore. Cela fait maintenant  3 jours que nous avons contacté l’ambassade de France à Maputo, et toujours aucune aide.
Le  consul Schmudtz adopte un ton présomptueux,  insolent pour annoncer une fatalité,  notre situation.
Selon l’ambassade, ce jour serait soit disant un jour férié au Mozambique. Personne ne nous le confirme sur place. Ils ne peuvent rien faire. Il faut encore attendre demain…
Le poste de frontière nous garde en détention mais ne nous donne plus à manger.
Les enfants doivent quémander dans les maisons de fonction des militaires, dans le petit  village juxtaposé, de quoi nous alimenter.

Encore une discussion houleuse avec  les chefs de police et immigration . Très agressifs, Greg est maintenant traité de voleur, seule explication de sa venue au Mozambique, et de sa peur de retourner en France. On nage dans l’indécence. Notre ambassade ne donne pas signe de vie, nous serons expulsés à l’aube demain.

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Le soir, nous discutons encore dans la nuit avec Cécile pour imaginer encore une porte de sortie. Soudain, surgit dans notre dos, un scolopendre. La morsure était proche, lieu maudit.

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5 colosses sont sélectionnés pour nous emmener de force. En civil, ils usent la force, nous tirent, nous poussent, nous traînent.

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Fausses accusations d’espionnage, l’inhumanité de quelques hommes, et non plus une foule, malhonnêteté,  mensonges, létroitesse d’esprit, intersubjectivité…
Pourtant classé jaune par le site du ministère des affaires étrangères, c’est ce pays, pourtant moins “classé à risque” que d’autres traversés…qui est sur le point de nous expulser. preuve que tout classement est bien subjectif, bien que basé sur une logique, bien  toxique. Tout reste heureusement relatif, à chacun d’y trouver son équilibre, sa balance sans trop dinfluence…ou alors avec  beaucoup d’avis, pas que celui considéré officilel.

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Les problèmes viennent toujours de ceux qui regardent le jeu, jamais de ceux qui le font.

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Fini les bords de côte aux bancs de sable plus  blanc que blanc, accompagnés de leur eau plus turquoise que turquoise. Fini les bains de foule, les chants, les danses, la découverte d’un peuple qui nous apparaissait déjà comme une révélation d’authenticité…..Fini le son latin, portuguais, étrangement perdu au bout de l’Afrique un peu comme nous…

Pas de  baignade avec les raies manta, les requins baleine, les tortues. Des chapelets d’îles,  nous n’en aurons vu que les premières perles…le fleuve Zambeze s’ asséche dans notre esprit.

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Les hippos sont au rendez vous pour nous dire à  bientôt!

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Même Eusebio ne parvient pas à leur resister

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Jao pleure, Greg ne veut pas monter dans la voiture, il sent la pègre, la scène est pathétique

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A la fois les autorités  françaises, comme le bureau d’immigration tanzanien  de Kilambo, nous ont clairement indiqué  qu’il y avait violation des règles  internationales de migration (IOM) au delà  de la souveraineté  nationale. Nous n’avons rien à faire en Tanzanie, l’expulsion devait se faire via Pemba, vers Mayotte, par exemple. Nous avons souffert  de l’inaction de cette ambassade, qui a eu pourtant 3 jours pour arranger la situation. Pour nous, les conséquences  sont considérables.

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Hansel s’invente des machines pour s’envoler

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Mozambique: 4/11: Palma- kitupu- Milamba- Msemo-Maganja: groove et mangrove

7 kilomètres plus tard,  depuis Kiwiya, nous tentons derejoindre la route principale. La piste est encore un cauchemar. Le sable absorbe toute notre énergie. Il faut vite trouver une solution, une embarcation pour continuer à apprécier les côtes sans broyer nos côtes…
Sur le chemin, Tafadhali, jeune effronté, échappe de justesse à l’affront de deux gros babouins. Greg doit intervenir au bâton et aux cris de mâle.

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Depuis la Tanzanie, le portage de tête a repris ses droits. Fini ânes,  chameaux et remorques.

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Partout, les cocotiers nous offrent des pluies de cocos. Fraîches à deguster sur place ou plus sèches à râper pour l’exprimer dans notre riz, on se noit dans la coco.

Palma, une ville au doux nom et pourtant si dur de s’y mouvoir en bicyclette avec tant de monde. En haut comme en bas, des milliers d’autochtones sont venus nous regarder, chaque pied posé sur le sol provoque des attroupements, et chaque arrêt se transforme en ronde, nous sommes encerclés, portés, ettoufés.

Pour  baisser culotte, nous devons simuler, combattre, ruser, puis abdiquer,  enterrer pudeur et mauvaises odeurs, sur l’estran, comme eux. Les latrines n’existe d’ailleurs pas dans cette région.
Les femmes rentrent de la pêche aux coquillages: nacrés, en forme de cône,  biscornus pour abriter de gros bernards l’hermite, tout se mange ici.

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Pendant ce temps, Tafadhali est encore la vedette des enfants. Tous mususlmans, tous appris à craindre cet animal, Il est le monstre vivant.  Ils l’excitent, il leur courent après,  et la scène se répète inlassablement, dans une liesse populaire bruyante à chaque poursuite. 
Le soir venu, nous improvisons un camping au bord de  l’estuaire
Encore des grands débordements, une absence totale d’aide, juste encore une centaine d’yeux qui matent,  se moquent à la moindre occasion. Greg prêche en anglais sur les religions. Comprenne qui veut ou qui peut.” Plutôt que d’aller à la mosquée, pour prier, aidez votre voisin, votre prochain, celui de passage ou celui qui rage…”

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Le manioc est consommé sans moderation dans la région. Facile à stocker, pilé, il constitue le plat principal, sorte de purée qui accompagne le poisson pour tous.

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Le lendemain soir, c’est Chafim qui nous ouvre la porte de son temple, celui de l’accueil. Pas question de cuisiner, il fait préparer du poisson court bouillon, fait venir quelques sauts d’eau sur des têtes féminines afin de combler, nos besoins de douche. La tente dans le jardin, avec derrière la barrière encore une vingtaine d’enfants, l’isolement c’est bien. Nous pouvons enfin approfondir les rencontres.
Quand nous lui indiquons notre envie de rejoindre Maganja le lendemain, il explose, nous confirme la splendeur des lieux.C’est son domaine, il travaille dans la baie, pour un sous traitant de la grosse société qui emploie tout le monde dans la région, Anadarko. Pour International SOS, il traque la malaria, pulvérisation chimiques, anéantissement des flaques, moustiquaires, manches  et pantalons longs, il rend  bien frêle l’anophèle.

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À partir de Palma, l’homme nous a façonné une route dure, immobile qui permet d’avancer.  Fini le sable meuble, qui absorbe l’énergie, un boulevard s’offre à nous vers l’océan indien ! Certains, Chafim, nous ont dit quil y avait dans les environs  de Namanga, des campements de la grosse société  Anadarko qui explore les environs pour en extraire les richesses, le gaz, le pétrole. Invisibles, nous ne croisons sur ces routes de terre parfaitement damées que leurs voitures qui nous saluent, lèvent le pouce pour nous féliciter.  Pas de barrière, pas de garde, pas de panneau, en avant , la route est libre.

À Kitupu, nous créeons encore l’événement,  marée humaine, 200 personnes pour mater les visages pâles… rosies, accablés par la chaleur captée pendant le trajet. Le frère de Chafim, Abédie, le lion de la ville surgit comme prévu.  Nous nous réfugions rapidement dans sa tanière. Une meute, presque  tout le village, nous y conduit puis nous encercle, envahit notre espace. Nous tracons, comme à l’accoutumée,  une ligne sur le sable pour limiter les étouffements. Abedie, “bluffé”, découvre notre quotidien…
Nous sommes  pourtant venus chercher l’humain dans ce voyage, et c’est l’inhumanité de la masse qui est au rendez vous.
Nous nous retranchons à l’intérieur. À peine le dos tourné, Batoucha en profite pour nous dérober un sac dans nos sacoches de vélo,  restées dehors.
Débordés, nous déballons la grosse artillerie. Bâtons,  vociférations,  Greg et Hansel déambulent dans le village, pour récupérer le sac, menaçant et effrayant la population. L’intolerance danse. Ils frappent aux portes et sonnent l’ultimatum! Cécile, restée au foyer, aperçoit des femmes s’enfuir de toutes parts, leur  bébé sous le bras. Les blancs roses terrorisent le village. 15 minutes suffisent à récupérer le sac. Pas même le temps de capturer une chèvre en otage…comme en Éthiopie…
Les quelques villageois qui ont aidé,  réclament maintenant de l’argent.  “il ne faut tout de même pas pousser mémé dans les orties…” La lutte pour le respect s’engage. Greg leur propose de poser leur réclamation au voleur,  qui a fait perdre du temps à tout le monde, a déclenché cette colère vaine. L’idée est lancée:  se retrouver le soir autour d’un dîner tous ensemble offert par le voleur, et discuter, pardonner. Abedie traduit, tout le monde est d’accord. Mais rien ne se fera. Le voleur a pris la fuite pour la ville, paraît-il.

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Au village, un  lion a attaqué un homme l’an dernier.
Au matin, des femmes frappent sur des  bidons, chantent et dansent autour d’une autre femme. Elles lui appliquent une sorte de boue sur le front et les tempes. Cette femme pleure, il tente de la désensorceler.

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Le jour suivant, nous partons avec Abedie en excursion vers  Maganja. Quelle bonheur d’avoir un cycliste de plus dans le groupe! Nous nous immergeons dans le même temps avec la culture mozambicaine.

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Sur place, notre essaim d’enfants est au rendez vous. Pour mettre nos maillots de bain, nous devons leur exiger de mettre les mains devant les yeux. Nous nous baignons tous ensemble dans une baie bouillonnante et passons l’après midi à réparer la chambre à air du vélo que le voisin a prêté à Abedie. Devant cinquante personnes qui nous regardent sans participer, nous réparons 6 trous, pendant 2 heures. Les anciennnes rustines se décollent, la poisse, nous pensons même à de la sorcellerie…Tout le monde ici est au courant de l’histoire de la veille…. le vol de Batoucha, les envolées des blancs roses, radio brousse a de grandes antennes. Abedie nous dit qu’il se passe telllement rien ici, que le moindre événement nourrit la chronique. Nous quittons le village crevé,  énervé, nous manquons d’air. Seul solution, courir à côté du vélo pendant 10 kilomètres.  Echange entre Greg et Abedie,  une premiere depuis le debut du voyage. Le soleil se couche au moment où nous rejoignons  notre tanière.

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L’aube suivante, vélo réparé, nous repartons explorer les environs. Cette équipée avec Abédie, est splendide. Sa jeunesse, sa curiosité se marie à merveille à notre  aventure. Le sable entrave rapidement notre progression, mais nous atteignons heureux, un splendide petit village posé sur le sable blanc, Milamba. L’océan est encore une fois insolent de bleu turquoise.

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Il y a même ici des gens d’anadarko qui travaillent, des locaux. Des casques, bleus de travail, grosses boots, lunettes de soleil, mélangés avec les tissus tarditionnels ” capulana”, vision etrange, pas très local. Il parait que tout va disparaître d’ici peu ici. Une grande infrastructure pour le gaz et le pétrole va éclore de la terre ……. Les villageois sont doux, la taille du village y contribue certainement, comme à Mbuizi, quelques jours avant. Les gens nous offrent même des sourires, des cocos, enfin de l’humain.

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On retrouve même la voisine d’ Abedie

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Quelques spectateurs pour le  bain.

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Nous longeons l’estran dès que la marée descend, il est déjà 15 heures, plus que 2 heures avant l’extinction de la grande lumière internationale.  Les yeux écarquillés par ces camaïeux de bleus,  les caresses du vent sur le visage, nos roues efleurent le sable tassé. Puis, nous coupons par la mangrove, sable blanc éclatant, magie des lieux.

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Nous atteignons Msemo, village de pêcheurs, Maganja en perspective… il est trop tard, le soleil disparait derrière les cocotiers. Nous n’avons pas le choix, il faut dormir ici, sans la tente, sans affaires. ” Le Chef de posta”, équivalent du chef de village, nous accueille en un instant dans une pièce faite en pailles, le sol en sable. Une natte sur le sol et notre compte est réglé.  La fatigue nous emporte rapidement dans d’autres rêves de môme,  après une journée encore mémorable.

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Poissons qui sèchent

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Mozambique: 27/10: Quionga promiscuité, humanité et calamars.

Nous sommes encore endormis lorsque les amarres rentrent. Le gros moteur puissant nous tire de la nuit. En route pour le Mozambique!
Les bords du fleuve sont sauvages, envie de le parcourir longtemps dans le sens du courant, une autre fois certainement.
Sur l’autre rive, personne, ou juste ce garcon délicat que nous avions croisé la veille au soir. Il est venu nous montrer le chemin.
Piste en terre, ensablée par portion, il est 7 heures et nous suons déjà à grosses gouttes, sans rien dans le ventre. En haut de la grosse cote, le surplomb plonge nos, yeux dans le fleuve. Nous engloutissons quelques calories pour mieux aborder la suite du parcours. Nous devisageons, sentons, écoutons, chaque personne croisée, pour tenter de percevoir le moindre changement. Nous entendons un peu de sons portuguais mais ils parlent encore aussi kiswahili…

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Crottes ou plutôt… boulets d’éléphants sur la piste…

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Cinq kilomètres plus tard, le, poste d’immigration nous frappe nonchalamment nos visas de notre tampon “bonjour”, ou plutôt  “date d’entrée”. Au prix du papier, 300 $ pour 5, il pourrait faire un effort de politesse, de bienvenue…

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50 enfants entourent les nôtres, et courent derrière les vélos lorsque nous partons. L’indifférence tanzanienne semble enterrée.
En route pour Palma, la piste est dure, très dure, le sable mou ralentit nos élans, nos envies de changement.  Nous sommes impatients d’aller à la rencontre de nos frères d’ici, le peuple, mais aucun village à l’horizon. L’environnement désert nous laisse face à nous même. A peine 5 kilomètres sur cette route ensablée, et cling, un bruit métallique nous alerte. Un roulement de l’axe de la carriole cède… En une minute, notre avenir semble bien compromis. Ce n’est vraiment pas le bon moment. Embarrassés par cette avarie, harassés par un soleil de plomb, nous sommes écoeurés par les rares automobilstes encore et toujours pressés malgré la piste étroite, et molle, qui passent sans compassion. Nous cherchons une solution. Des épis de maïs secs sur le bord du chemin, une idée jaillit. La veille, nous avions vu que la perceuse manuelle des menuisiers de la mer, elle avait un axe tournant grâce à un maïs taillé. Le coeur tendre de l’épi permet d’y creuser un alésage idéal pour faire passer un axe, le “cylindre ainsi obtenu, coincé dans le moyeu, remplace le roulement. La cariole roule à nouveau, sans devoir soulever ses 25 kilos à  bouts de bras.Par précaution, nous faisons demi tour. De retour au poste de frontière, nous entamons les réparations. Non loin de là  un rutilant pick up avec 3 jeunes bedonants avachis à siroter des bières nous sourit.
Les 3 lascars, en partance pour le sud, chargent nos  bécanes jusque Quionga, soit 20 kilomètres après, nous réparerons là bas. Clim, musique à fond, nous sentons à peine la route ensablee de l’intérieur. Les anacardiers qui  bordent la route, défilent.  Auncun village, aucune âme,  aucun regret.

Plus loin , à l’ombre d’un arbre, des policiers vautrés sur des chaises, réclament nos passeports puis celui de Tafadhali, ses vaccinations. Ils parlent de la rage, Ebola… Son avenir est bien compromis… puis ils nous réclament un peu d’argent pour régler l’affaire… Juste un abus pour remplir la caisse. Nous tenons la laisse, aboyons et partons.

A Quionga, la foule nous assaillit dès notre arrivée. Nous cherchons des outils pour réparer la cariole. Une meute rend toute progression difficile, laborieuse. Un mécano en train de démonter un moteur de mini bus nous donne un vieux roulement. Trog grand pour s’insérer dans le moyeu de la roue, nous parvenons à faire un montage avec un serrage extérieur, étrange mais fonctionnel. A essayer, à suivre…

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Apres avoir espéré le monde, le contact, nous rêvons déjà de solitude…c’est toute la difficulté de ce voyage tourné vers l’humanité,  mais souvent confronté à la masse de l’humanité.

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Un enfant du village prête son jouet fait maison à Momo. Tafadhali, impressionné par cette moto qui semble avancer seule, prend peur, veut jouer, aboie, attaque le deux roues mobile.  Un grand spectacle commence, le public est en liesse.

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Victoire du fauve avec sa proie dans la gueule.

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Campement public sur le sable, juxtaposés à la maison du chef du village…pas encore de jardin partagé,  pour s’isoler en petit comité, discuter, échanger,partager d’authentiques moments avec une famille, comme ça nous est souvent arrivé sur la route. Nous devons gérer la masse, et de la masse ne sort souvent que des comportements primaires, grégaires des cris, des moqueries. Rare est celui qui sortira du groupe pour faire de lui un individu différent,  curieux d’approfondir la rencontre, hospitalier, altruiste.

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Ismael, qui parle très bien anglais, en rêve peut-être mais ne parveint pas à faire le pas pour nous inviter chez lui.

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Dans le village, un tintement métallique régulier parvient jusqu’à nos oreilles. Moteur de motivation, c’est la dakou, la musique qui accompagne les soirées du ramaddan, ce n’est pourtant plus la saison.

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Nous cherchons quelques informations sur les accès à la côte dans les environs. Auprès de Anna Marie et André, un couple d’Afrikaners missionnaires, ( donc orignaires d’Afrique du sud), nous  dénichons une piste qui part du village. Selon eux, elle n’est ensablée  que sur une centaine de mètres,  ils en sont sûrs et certains, André parcourt ce chemin régulièrement pour aller à Kirindi collecter des sacs de poissons séchés, il y va d’ailleurs demain et est prêt à nous emmener dans son pick up. Pour garder notre autonomie, ne pas attendre, nous enfourchons, impatients, l’aventure immédiatement, pour se rendre à une hypothétique plage et prendre peut-être une hypothétique embarcation à Kirindi

Comme prévu les 200 premiers mètres dans le sable sont difficiles, très difficiles. Le sable est au rdv. Heureusement, les enfants du village aussi.  Les mêmes qui nous ont dérangé la veille lors de la réparation de la roue, poussent maintenant avec entrain les vélos et la carriole. Eusebio parvient même à confier totalement le sien et s’octroit même le luxe de jouer avec une moto offerte la veille. Les roues s’enfoncent, s’enfoncent dans un sable meuble, meuble, nous sommes presque immobiles, c’est l’équilibre. Pendant ce temps, le soleil monte, monte, use notre résistance, et nous liquéfie….   Après plus d’un kilomètre, en lutte avec ce grand aspirateur d’énergie, nous attendons toujours avec impatience, la fin du sable… mais le sablier reste bloqué. Trois kilomètres plus loin, rien ne change, grain de doute. Le demi tour se discute déjà. Une vingtaine d’enfants se relaie toujours pour nous pousser plus loin. Six kilomètres, alors que la plupart des mômes ont rebroussé chemin, notre fidèle compagnon est toujours là, fidèle, brûlant, dévorant nos pneus, nos roues, chacun de nos pas, redoutable. Les souvenirs des dures moments du voyage refont surface. Les “plus jamais ça”, “l’expérience construit l’avenir”, ou encore “n’écoute jamais les conseils d’un automobiliste” martèlent nos esprits. Mais nous nous rassurons: ” l’aventure a souvent ses raisons que la raison ignore…” le demi tour se discute encore. Et se rediscute à chaque kilomètre… La soit disant plage à 6 km ne se présente jamais.
À dix kilomètres peut être, les injures fusent, les regrets explosent, seuls les anacardiers restent témoins des débordements verbaux.
Deux garcons, âgés d’environ dix ans, nous supportent encore, ils nous sollicitent de plus en plus pour de l’argent, c’est l’effet blanc. Bien que courageux et volontaire, ils créent quelques interférences, dans la cohésion familiale. Le moral baisse, les pauses à l’ombre font de plus en plus d’ombres à notre élan… le demi tour ne se discute plus, mais, l’abandon prend le pas, le bivouac au bord du chemin le collle de près. Certains évoquent même des retours en France… nous rentrons tout entier dans le voyage… Une moto nous croise, un peu de vie rassure. Nous serions à 1 kilomètre du village de Kirindi. Certes, ce n’est pas la plage, notre premier objectif, mais c’est encourageant. À 5 heures, 5 heures après notre départ,  nous arrivons en haut d’un petit mont, notre vue, soudain élargie, se perd à l’horizon. Tout, au bout là bas, l’océan indien nous offre ses plus belles couleurs, bleu turquoise, sable blanc, le tout orné de mangroves et même d’un cap, celui de Delgado. C’est soudain le paradis, brutal… l’émotion est là.

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Pourtant, rapidement, le ras le bol moral prend le pas sur le ras le bol physique. Certes, la plage est divine, le lagon translucide, mais la population est tellement dense qu’il est difficile de garder son calme. Ce ne sont pas un dizaine ou un vingtaine de personne mais pas loin de deux cents personnes qui nous suivent jusque dans l’eau principalement des enfants… 400 paires d’yeux…
Pendant 2 jours, principalement les enfants, nous collent à la culotte où que nous allions… au bord de l’océan,  dans l’eau, au campement sur les hauteurs avec le chef du village, jusqu’à la tombée de la nuit. C’est un grand jeu de poursuite avec Tafadhali, où chaque enfant tour à tour provoque le monstre, jusqu’à se faire poursuivre dans une course folle, sous les acclamations du reste de enfants, et encore, et encore, et encore. Ce nouveau jeu ne les lasse pas. Rapellons qu’il n’y a pas de chien dans le village, comme sur les bords de  la côte tanzanienne. Les écrits du coran interdisent ce traître, et ils pratiquent tous ici un islam précis,  sans le pilier de l’hospitalité,  certainement plus important, plus humain que celui du chien maudit, création de Dieu aussi, et qui n’a pas choisi cette sale réputation…

Impossible de s’ isoler, ne serait ce q’un cours instant. Promiscuité, humanité, nous ne cessons d’en disserter en couple, avec pas toujours les bonnes clefs pour déchiffrer, apprécier tolérer.

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Notre public…vu de loin.

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Notre départ se fera dans la même ambiance…. Après avoir demandé notre chemin, un homme, deux femmes, et 100 enfants nous portent sur plus d’un kilomètre. Une femme s’empare de jao pour le porter, une autre du vélo d’Eusebio tandis que d’autres encore poussent les autres bécanes. Quelle émotion, quelle dévotion. Une croute de sel nous élance enfin et c’est le temps des au revoir.

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La piste est délicieuse dans la mangrove, entrecoupés de fenêtres sur vue de bancs de  sable plus blanc que blanc, de mers turquoises avec des vues accompagnés par Ali en vélo.
7 kilomètres plus loin, nous voici à Mbouizi, un tout petit village

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33 habitations, comme le village est paisible reposant,
coques ou coquillages de sable, talines pour agrémenter le repas du soir.

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eau translucide, banc de sable, Calamar, marée basse

Tanzanie: 26/10:parc marin de mnazi bay Mtwara- Madimba-Msimbati- Madimba- Kilambo: traître chien et fidèle chien de garde

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Pour parvenir jusque là,  les 650 kilomètres de Dar es Salaam faits de montés et descentes,ne  furent pas qu’éprouvants physiquement.  Face à une population souvent absente au grand rendez vous d’humanité dans les villages, l’épreuve fut souvent compliquée.  A parfois 300, Je regarde, je mate, je me moque du moindre faux pas, pas d’eau,  pas de bois pour le feu…Alors le Soudan, c’est dangereux, c’est “caustique”? L’Égypte soude…Ici, c’est presque la soudure, il te regarderait crever de soif, de faim, après toutes ces dépenses énergétiques. Nous devenons exigeants, moins tolérants.  Heureusement, les 100 derniers kilomètres furent plus chaleureux. Le changement de caractère de la population s’intensifie: festive, excitée,  plus proche,  plus bruyant, les mamas encouragent même sur le bord des routes avec des “assante, assante, assante sana”: merci, merci, merci beaucoup!

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Encore un rêve de sirène qui nous entraîne au bord de l’océan. Un détour de 40 kilomètres ne représente finalement pas lourd après tous ceux parcourus depuis la France pour parvenir jusque là. Le hic, le coût est encore “titanic”, océanique: 20$ par personne pour les blancs roses, 1 seul pour les noirs… Plus rien ne nous arrête maintenant, nous le tentons. Et la piste est magique, pleine de bicyclettes, pleine de cocos à croquer, de papayes à partager…

Le soleil nous fait de plus en plus suer, les pierres de plus en plus gigoter, mais de village en village, où cocotiers, anacardiers et papayers se bagarrent pour faire pousser leurs délices,  nous nous hissons motivés au village de Msimbati, vers le parc marin de “Mnazi Bay”.

À 15 h, nous cueillons une paire de kilos de noix de cajoux pour agrémenter notre gamelle.

À 16h, une roue de la carriole nous dépasse,  la carriole racle le sol et s’immobilise brutalement. L’axe est cassé. Tout est prêt pour la réparation, un goujon, deux boulons et la roue tourne à nouveau fort sollicitée sur les rocailles.

À 17h30, le soleil se couche dans 1 heure, et nous n’avons toujours pas atteint notre objectif, la barrière du parc. Hansel s’ exclame: ”  ils la déplacent pour ne pas que nous l’atteignions,  car ils ont été prévenus de notre arrivée.  Ils savent que nous sommes durs en affaire…” Pendant ce temps là, la terre bascule encore, le soleil ne pèse plus bien lourd ici. Épuisés, les cyclistes toujours en équilibre, balancent le reste d’énergie en avant. Et hop, entre chien et loup, la charge est lancée, tous ensemble. La barrière surgit enfin à la fin du village et le garde assoupi ne fait pas le poids. Nous fonçons l’air de rien, sans regarder le panneau. À 100 mètres du rivage du parc marin, un vieux carbet désaffecté nous sert de refuge. Le but est  atteint juste à temps extenués par tant de kilomètres sous un soleil de plomb. Branle bas de combat une fois de plus: nous déployons la tente, récoltons quelques cocos sèches pour allumer le feu, deux oignons, une grosse cuillère de pâte à cacahuètes, mélangée à une portion de riz, et ça mijote. Le garde accompagné de deux jeunes policiers vient nous parler tarifs, mais tous affairés, son discours à peine compréhensible, n’a pas de poids, pas de mesure face au courage des enfants. De l’eau, de l’admiration, de l’empathie, c’est si rare ici, ça fait du bien. Excités, une centaine d’enfants entoure le camp, surchauffe Tafadhali, avant de nous laisser enfin tranquille, pour un repos mérité.

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Durant la nuit, notre garde cannidé attitré,  participe encore. Il grogne, aboie régulièrement, éloigne les bruits et les odeurs. À 3 heures, il n’en démord pas! Cette fois, sa rage est plus intense, les 2 adultes se réveillent.  Une ombre dans la pénombre de la lumière de la lune, devant le cocotier à 5 mètres de la tente, un homme torse nu … A t’il une machette, des complices sous les autres cocotiers? Un peu débordés par l’esprit de la nuit, nous réveillons Hansel pour aller prévenir la police à 100 mètres de là,  pendant que nous sortons bâtons brandis afin d’intimider l’homme…  mais celui ci a disparu, évaporé… Forme imaginée par nos cerveaux assoupis, l’ombre n’était qu’ombre.

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Le lendemain matin, un homme débarque soudain. Il nous sauve des griffes du  chef du parc marin, qui tentait encore une fois avec sa brochure, de nous expliquer que la terre a un prix…surtout pour les blancs roses… Originaire du congo, Youssouf parle parfaitement bien francais. Il nous presse à partir d’ici, il connaît un bivouac bien plus décent pour les enfants au bord de l’océan, là bas au bout de son bras, à une dizaine de kilomètres

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Tous à la chasse!

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8 kilomètres sur le sable tassé, à ras de l’eau qui descend, un régal!

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Ruvula sea safari, Jean Marie, Bibi, 1994 2014, 20 ans d’usure, le lodge semble bien éteint…. qu’importe!
nous sommes autonomes, nous campons 2 nuits devant le site en profitant juste de ce que nous avons besoin, l’eau  d’un puits, une pluie de cocos pour notre riz, et le cadre, une île en face, des coraux à explorer.

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À Lindi nous avons beaucoup échangé sur le “home schooling”ou l’école à la maison acec Donia. Avec beaucoup de rigueur, les enfants ont une salle de classe, des heures de classes et de nombreux manuels, outils et jeux educatifs. Ils ont même une nouvelle élève qui les a rejoint, une japonaise avec laquelle les cours sont en anglais. Comme quoi, même dans une petite ville, sans école internationale, on peut avec de l’entrain et de la volonté, réussir à apporter un enseignement de qualité soi même.Cela nous a donné un nouvel élan, car en nomade, l’école buissonnière , cest une grande préoccupation..Encore merci pour les fiches de maths…en allemand.

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Puis surgit soudain un francophone Thierry, ça sent le gaz!!! Non que nous soyons refractaires au Thierry, ni au francophone, bien au contraire, mais seulement parce  qu’il travaille sur le gisement à …..5 kilomètres de profondeur parfois jusqu’à 7, il faut ôter les condensats, résidus liquides avant le grand voyage pour Dar par gazoduc. énergie d’avenir pour industrie d’avenir…. Le soir, avec d’autres amis, il nous ramène des gâteaux sprits nappage chocolat au lait venus direct de Belgique, un rêve de mômes pour ici. David, Bruno et Thierry nous offrent des bières, un rêve de grand dans un décor de rêve.

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La phobie du chien, réaction épidermique de la population, nous apprenons qu’il fait partie des interdits de la religion islamique. Il est l’animal maudit, le paria,  diabolique! Dès qu’il touche à un tapis, il le lave aussitôt,  s’il lèche un seau d’eau, ils jettent les 25 litres. Certains courent, se perchent, grimpent aux arbres, aux barrières. Les enfants les moins avertis, s’enfuient en courant, poursuivis évidemment par Tafadhali, excité par le jeu. Mouvement de foule où certains tombent. Même les gros muscles mallabars prennent peur. Ils lui jettent du sable,  des chaussures pour l’écarter. Interdit pour lui de franchir les portes des gargottes. Les mamas effrayées montent sur les banc, une vingtaine de personne viennent montrer du doigt le chien, le pestiféré qui doit quitter les lieux. La plupart des clients fuient écoeurés. Parfois, on convoque même le chef du village, ou celui qui parle anglais pour servir d’interpréte. Et aujourd’hui, c’est l’apothéose.  Lorsque nous nous arrêtons dans un petit village pour remplir nos bouteilles au puits, un homme surgit aussitôt à moto. Hystérique, il oblige  Tafadhali à quitter les lieux. Nous sommes à 5 mètres de la mosquée, rien ne va plus… Greg le calme, mais rien n’y fait, il ramasse une grosse pierre. ” salam malekum, “allah akabar”… les villageois l’apaisent.

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Dernière ligne droite, dernier riz haricots rouges. Hansel avoue qu’il sature un peu de ce mono plat qu’il engloutit depuis 3 mois… content de partir à la découverte de nouveaux mets au Mozambique. La piste en terre et petits cailloux facilite nos envies d’ailleurs. À peine trente kilomètres plus loin (estimation bien sûr car le compteur est resté en Tunisie…), à Kilambo, le poste d’immigration nous frappe comme dirait Eusebio, d’un tampon “au revoir” sur les visas. Les villes frontalières sont toujours un vil front pour nous, mais Mohammed,  un cycliste local est notre véritable ange gardien, cette fois jusqu’au lendemain. Nous en apprenons un peu plus sur la légende du chien dans le coran. Il serait le traître qui aurait indiqué aux hommes qui voulait tuer le prophète Mohammed, le rocher où il se cachait.
Cinq kilomètres d’une traite pour le traitre chien accompagné de ses cyclistes et nous voilà au bord du fleuve Rovuma, frontière physique avant le Mozambique.

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Scier, percer, clouer, calfeutrer, une équipe est affairé à la construction de boutres en bois

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Perceuse traditionnelle, autonome.

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La barge Panton qui permet de traverser le fleuve Ruvuma ne passe qu’à marée haute. Il faudra attendre, attendre encore, et camper dessus pour passer à l’aube,  côté mozambicain.

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A bientôt pour de nouvelles aventures au Mozambique!

Tanzanie: 12/10: Lindi-Mtwara: croyance religieuse, arbre à crottes et pourquoi?

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Le vent fait frissonner les feuilles de palmiers, manguiers, cocotiers, caresse nos visages, nous chuchote des histoires, rafraîchit nos corps. Quleques singes rentrent dans les fourrés,  à peine effrayés par notre passage silencieux.
C’est une douceur de contraste que de rouler avec les mecs musulmans, leur kofia posé sur la tête, aussi délicatement qu’ un vélo posé sur le globe. Plaisir de tenter la discussion, plaisir de la bicyclette ouverte, vulnérable.
Soudain, l’air léger est déchiré par le bruit d’un klaxon. Rapidement fouettée par un  bolide, elle rentre en turbulence. C’est la révolution dans l’air. Bruit effrayant, masse menaçante,  présence pressante. La petite fille sur le bas côté a maintenant les cheveux hérissés sur la tête.  Ce n’est pas un dessin animé, une farce mais une réalité.  Les cyclistes sont heureux d’être encore debout, d’avoir survécu à l’incident. Gros décalage de temps, de vitesse. Foncer pour qui? Pourquoi? Ah oui! C’est vrai!  Quelqu’un nous a dit en France qu’on pouvait tout voir avec une voiture… il suffit de savoir s’arrêter…
Nous, on ne les voit pas souvent à l’arrêt sauf ceux qui prennent le temps de nous prendre en photo. Nous sommes prêts, après beaucoup d’effort à tolérer sur la route ces bolides, mais à condition qu’ils ne dépassent pas les 90 km/heure, qu’ils respectent les distances de sécurité entre leur véhicule et nos vélos, et qu’ils nous disent bonjour! Alors, on attend, on essaie de rester peace mais, on veut pas finir ecrabouillés comme toutes ces bestioles à plumes ou à poils que l’on voit écrasées, au moins une par jour. Alors, parfois, souvent, on est obligé de traiter, traiter encore et encore, s’égosiller, perdre la voix, faire encore plus de bruit, ça fait du bien, mais c’est pas chouette pour nos mômes! Pas très peace!

Un phacochère s’offre un rafraîchissement dans la boue juste à côté de notre chemin. Mavuji, 60 kilomètres, un record pour Eusebio. Avec des pentes dans les deux sens, le moral reprend. Les gens changent, plus de proximité, plus d’expression, moins de réserve, on aime! Au nord de Dar la délicatesse nous a plu un moment, mais trop doux, ils en deviennent presque froid et moins humains. Le soir, les  bivouacs se font souvent du bout des doigts, peu d’invitation, juste une école, et même devant, dehors comme aujourd’hui. Notre soleil est peut être un peu voilé,  nos esprits se tournent maintenant vers le passé. D’abord le périple,  les bons souvenirs de Tunisie, les folies d’Égypte, les douceurs du Soudan, les saveurs, les émotions d’ Éthiopie et la dévotion des Kenyans. Parfois même, certains s’envolent jusqu’en France: les jouets,  le chocolat, le beurre… pleins d’artifices. Le soir, Marie Jeanne enfume le village; est-ce la raison de la distance qui nous sépare encore d’eux?

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De nombreux  baobabs, massifs, géants,  si peu feuillus, jalonnent les campagnes voisines. on dirait des morts vivants,  des  forêts petrifiées, des automnes en plein été.

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Une échelle improvisée reste plantée en permanence pour cueillir le fruit du baobab, si haut perché.

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La belle fleur du baobab, chaque arbre a son temps de floraison indépendant d’une saison qui pourrait exister, rythmer.

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Et voilà le poussin qu’il attend depuis l’Égypte… en mémoire de poulette coquette… on le troque contre un châle trop lourd.

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Depuis Dar, nous savons que Lindi serait une étape reposante, et nous l’attendions avec impatience, côte après côte, Dave, un cycliste de Dar, connaissance d’Alan, nous avait indiqué les portes de sa propriété.  Il n’est pas là mais les quelques gardiens qui arpentent la place, nous accueillent avec plaisir. Merci à tous.

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Ecole, bain d’océan, soin des papilles, maintenance des vélos et repos. Comme à la maison!

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Et momo, alias Jao, ne cesse de répéter : ” ma maison, elle est en Tanzania”…à Dar es salaam et maintenant à Lindi: il apprend la géographie.

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Red dragon fish échoué sur la laisse de mer, attention danger!

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C’est samedi et comme par providence, Andreas, Donia, et leur 2 garçons, une famille d’allemands sont venus faire un repas trapeur sur la plage. Fritures aux mille saveurs et pains sur bâtons. Nous sommes friands, depuis le temps que nous galerons à faire cuire notre grosse miche de pain, en voilà une bonne manière. A nous d’essayer! Et nous n’arrêtons pas.

Il y a des rencontres qui ne sont pas là par hasard. De nos aventures aux leurs, très vite, Dieu surgit, guide leurs pas, les nôtres. Nous avons des chemins parralèles. Chacun a quitté un monde matériel pour une spiritualité ou un bonheur plus simple.

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Eusebio a façonné une légende en pédalant au bord de l’océan:” les mers ont été crées par des géants qui ont creusé leurs assiettes. Ils ont salé leur plat, puis les rivières l’ont rempli”

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Hansel croque le pain, croque la vie, ici ou ailleurs.

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En ville, à Dar, Dieu avait disparu! Le voilà qui resurgit avec Andreas et Donia
Depuis quelques années , nous flirtons avec l’incroyance. Elle nous a permis d’être plus adulte dans notre foi, de prendre en compte des questions dont les réponses paraissent aller de soi et qui, en réalité, ne sont pas évidentes. C’est en cela que l’incroyance est une chance pour le croyant. Il y a derrière  certains refus de Dieu une haute idée de Dieu. “Ce sont souvent les athées et les agnostiques qui, les premiers, ont dénoncé les compromissions de l’Église, crié au scandale, comme s’ils sentaient confusément, parfois beaucoup mieux que les communautés chrétiennes et que les responsables d’Eglises, qu’il en allait de l’honneur de Dieu et que c’était une imposture de le mêler à ces combats douteux. Ils défendaient ainsi, sans s’en douter, la réputation de Dieu.”

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Après Jésus en Egypte, rappelez vous du mystère des pyramides mathématiques,  de la communauté des zabaleen dans les montagnes mokatan, (www.cavechurch.com), la foi vivante de tous les musulmans arabes dans leur hospitalité débordante,  de la Tunisie au Soudan, des surprises mystiques des orthodoxes éthiopiens, ceux qui nous ont parfois accueilli comme si nous étions des anges… Nous continuons notre périple, contre vent et marées, malgré le découragement inévitable de certains jours: pèlerinage personnel, spirituel, humanité collective. Nos états successifs: éveil,  ascèse,  illumination, et parfois nirvana déconstruisent et  reconstruisent. La plupart nous demande “pourquoi?” Se la pose t-il eux même? attendons nous  le miracle? un chagrin à oublier ?un défi à relever?   Et pourquoi faudrait il une réponse,  un but précis?  Aucune réponse ne satisfera leur pourquoi, pourquoi? La meilleure réponse qu’on ait trouvé jusque là,  c’est pourquoi pas…

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Donia fait pousser puis sécher de l’artémise, pour les tisanes familiales contre la malaria

Démarche spirituelle personnellle ou collective, ils ne sont pas très attachés à l’église, la communion.
Andreas diffuse dans les écoles locales un petit film sur la vie de Jesus, c’est sa manière à lui de prêcher.

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Nos enfants se captivent pour la version en francais. La religion est tellement présente sur la route, ils  font le plein de questions pour la suite du voyage. Espérons que l’équilibre du vélo,  le mouvement soit essence de réponses.

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Les anniversaires sont toujours un peu à la bourre, car difficile de trouver des cadeaux et les ingrédients pour faire un bon gâteau.

Pour le tour d’Hansel, c’est l’heure du grand jeu de piste, chasse au trésor,avec une carte: le pétrifié, le colosse de la baie, l’arbre à crottes, l’arbre à secret, l’errance…
Quelques extraits de rébus:

Mon 1er pose la question du sujet, mon 2eme sert à dormir, mon 3eme est une plante avec laquelle on fait des bonbons, mon 4eme est le mari de l’oie, mon 5eme se boit, mon tout est le plus sommet du continent…

Mon 1er est la sixieme note de musique de la gamme, mon 2eme est la première personne du pluriel, mon 3eme est la lettre v, mon 4eme sert à voler, mon 5eme est orné de pétales,  mon tout est une capitale africaine.

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Et voilà la tarte à la banane et papaye, avec pâte brisée,  sur lit de crème, pâtissière s’il vous plaît!

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Et dès l’aube, à 6 heures, momo réclame: “donne moi quelque chose à manger! Il faut vite faire la pâte pour le pain ou les chapatis.

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Au pied du baobab, les villageois d’un soir nous ont offert du bois pour le feu, et un seau d’eau, comme à Mada. Une centaine d’habitants,  c’est la taille idéal pour que l’humanité reste humaine.

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Ils nous font même goûter des racines délicieuses.

A l’ombre des anacardiers, pour la pause de l’après midi, nous préparons les Noix de cajoux avec Martin du Mozambique. Un village plus loin, les riches collecteurs qui convoient des sacs de 25 kgs nous offrent à peine une rue ensablée pour planter la tente. Nous decampons devant cette imposture, cette pauvre hospitalité de riches…

60 kilomètres avant Mtwara, un véhicule tout terrain nous dépasse au ralenti puis s’arrête. Chris sort, nous tend son adresse à Mtwara. C’est le minimum que je puisse faire pour vous, vous accueiliir chez moi là bas. Ce que je vois est impressionnant, vous, vos enfants, votre équipage, cest magnifique, un rêve de môme.
Encore une petite perle sur notre route, un bel, oasis sur notre chemin. 
Nous cuisinons ensemble, crevettes, crêpes, vin rouge et baignade. On papote sur le voyage, la simplicité, le vélo qu’il pratique également. Il est bluffé par notre tout petit budget, regonfle son moral sur la possibilité de le faire en se disant : “Si un gosse de 6 ans en est capable, pourquoi pas moi?” Nous sommes heureux de témoigner, de motiver, donner envie. C’est une raison suffisante du voyage.

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Chris travaille Chez “Giz”, dans le même organisation allemande que Philip rencontré à Dar. Assainissement d’eau,  et projet d’amélioration du quotidien, une sorte d’ONG.

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Les petits singes adorent ôter la coque des Noix de cajou. Ils prelevent leur taxe à la source…au noir.

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Kassahun, originaire d’Addis Abeba,travaille avec Chris. Ça fait chaud au coeur de retrouver un  éthiopien, en plus exilé aux Usa, puis Liberia etc… longue discussion de nomades

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Un père avec ses 3 enfants sur son vélo,  le graal des transports  collectifs.

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Un fou de vélo tanzanien fait une dizaine kilomètres avec nous. Nous sommes invraisemblables pour lui, il est invraisemblable pour nous.

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Ca roule des chapattis ici. La variété culinaire en Tanzanie reste un rêve de môme…

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Il était temps de faire la pause…

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Pause thé dans la soucoupe, une grande spécialité tanzanienne pour le refroidir.

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Pause papaye, dégustation publique!

Tanzanie: 6/10:Somanga: et paf, le chien..

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Somanga, tout au bout d’un chemin de sable, c’est le bras de mer, incursion dans la terre,  dans le trou de la mangrove, c’est les pêcheurs, les bateaux en bois.
Un homme préposé à la friture dore les poissons des pêcheurs, c’est son métier.

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Quelques échoppes sur pilotis, attendent sereines les grandes marées.

En fin d’après midi, toutes les femmes du village viennent accueillir les pêcheurs de retour, récolter leurs prises. Les pieds dans l’eau, elles discutent ces fruits de la mer aux hommes encore dans les boutres.  Nous établissons le bivouac au bout de ce bout, sur une langue de sable entourée d’eau, de mangroves, avec quelques tresseurs de nasses en bambou. Les pêcheurs gâtent nos enfants venus les  admirer. Un énorme poulpe étouffe notre faim, un gros poisson perroquet le répète. Et nous sommes toujours celui qui se meut, qui voyage à l’endroit où eux ne vont pas… ceux d’ailleurs qui vont plus loin, ailleurs. rêve d’inconnu, fascination.
Et nous continuons de prêcher sur la route, pour plus d’humanité, la même plante des pieds en avant, tous pareil!

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Kilwaa Kivinje tout en bas un port de pêche animée où grouillent les hommes et les boutres en bois qui barbottent dans la mangrove en attendant leur grande promenade.

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Des montagnes de poissons se font gratter les écailles, vider leur entrailles par des femmes vautrées sur le sable! Ce soir, vu la densité au mètre carré, nous peinons à trouver un coin paisible pour dormir. Tout le monde nous répond: ” allez voir le chairman” mais celui ci semble si loin de nos question que nous sommes bien dans l’embaras. Heureusement, juste avant le crépuscule Jouma, et Cherifa sa femme nous proposent de nous installer devant leur maison, au milieu du village, sans barrière, sans gruyère… Cent enfants et à peine une moitié moins d’adultes absorbent nos faits et gestes, débordent notre intimité. Cécile ne parvient pas à supporter cette curiosité, comme une télé réalité réelle, au coin d’une rue. C’est beau, c’est vivant, mais à la fois si fatiguant, si peu respectueux. Ils nous épient sans la moindre gène… impossible de se laver, de changer de tshirt, d’avoir du silence.  Les enfants crient,hurlent chahutent jusqu’à la nuit tombée.

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Jao fait le tour des épiceries en demandant “give me juice, give me sweet, lolly pop”… et bien que les “tanzaniens” ne soient pas les plus généreux, Jao obtient la plupart du temps tout ce qu’ il veut…

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Dans ses régions là ils sont en très grandes majorité musulmans et très près de leur sous. L’accueil de l’étranger la générosité, l’entraide sont des notions qui ne les atteignent pas. Pour eux tout ce que tu fais a un prix. Aucune mendicité comme nous avons pu le voir en Ethiopie mais chaque demande s’accompagne d’un tarif. Ainsi chaque soir, pour planter la tente, nous sommes obligé de préciser que nous cherchons un endroit libre car bien souvent revient la phrase: ” et combien tu me donnes? ” Sur la route du Sud à part les chinois nous sommes les seuls muzungus, ils ne sont donc pas submergés, blasés par une sorte de tourisme de masse. Et pourtant… lorsque tu as la chance de dormir chez l’habitant, ne compte pas sur plus de partage qu’un carré de terre. Nous prenons nos repas chacun de notre côté et jamais quelqu’un ne nous offrira un thé. Sans parler de l’eau: figurez vous qu’ils osent nous demander de l’argent pour 8 litres d’eau sous prétexte que l’eau ils la payent. Une grande première en 1 an et 4 mois de voyage ….
Ici tout ce qui est pris a un prix. Tu t’intéresses à quelque chose.. automatiquement on te donne sa valeur avant de te donner son nom!

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Tafadaly est maudit, paraît-il que c’est écrit dans le coran, il faut tenir les chiens à l’écart…
Vous êtes dans une zone musulmane. Veuillez sortir votre animal du périmètre.

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Les casses croutes de Tafadhali

Kilwaa Masoko, sur la plage, c’est la fête de laid, tous les musulmans déambulent sur la plage.

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De la robe de mariée à celle de princesse, c’est le festival!

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Ce soir là, selon l’idée d’un motard nous frappons à la porte d’une église pour y passer la nuit… Leur refus ne nous empechera pas de célébrer , un peu en retard, es 3 ans de Jao dans le terrain vague à 20 mètre de là. Au petit matin, confusion des fidèle à la sortie de l’église asortie d’un karibuni again hum, hum, quel culot!

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Faute de mieux, nous dormons devant une école.

Montées, descentes, inlassablement elles se ressemblent toutes. Nos muscles se tendent, se chauffent surchauffent, c’est épuisant. À peine remis d’une en revoilà une autre. Nous nous nous hissons de l’une à l’autre jusqu’à l’écoeurement.  Jusqu’au matin du huitième jour ou l’on se dit avec appréhension en blagant à moitié: ” Hier c’était la journée au 36 côtes et le jour suivant on compte vraiment… eh bien figurez vous que le score est de 26, imaginez l’état du petit Eusebio, quel entrainement, mais pourquoi sommes nous aussi cinglés. N’est ce pas surhumain, surnaturel?

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Tanzanie: 30/09: Dar es Salam- Mohoro: “Think gobal, act local”

 À chaque fois, la même histoire se répète.  Nous quittons la ville, nos frères, racines expatriés, nous ont cajolé l’âme,  le palais, et fait développer la paresse.
Hansel: ” j’ai l’impression de partir de Paris, ou plutôt d’Addis, euh non, de Dar…” et le moral est encore plus bas que ses chaussettes qu’il ne porte pas d’ailleurs. Est-ce la perte de confort qui le pince? Il sait ce qu’il perd mais a déjà oublié tout ce qu’il va découvrir.  Les racines poussent vite dans le terreau d’origine…

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À chaque fois, la même histoire se répète: un flot de voitures accompagne notre sortie. Et nous nous hissons péniblement, sortons de la couverture nuageuse, du gras de la ville, du gratin de la péninsule, à la fois nostalgique et contents de retrouver notre liberté.

À Vikindu, la route est plus étroite, les bolides se calment. Pour une retraite morale, une Église, école, centre de santé, celle de St Vincent, Marie Elizabeth nous soigne, ” you are welcome, feel free, you can stay a few days for rest, no problem, feel at home”

Quelle bienveillance, quelle dévotion à l’étranger, quel altruisme d’accepter un inconnu pour le chérir, le cajoler… Répondre à l’inconnu qui frappe à ta porte, le servir comme s’il faisait partie de ta famille, comme un frère, sans lui poser de questions, le prendre par la main comme il est… Tout cela doit bien être écrit quelque part dans la bible. Les religions ont décidément beaucoup de points communs… Gardons tous nos traditions mais avec un seul Dieu, c’est mieux.

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Pas moins de 3 pour se faire nourrir… jus de papaye frais, viande hachée panée au poivre, ça pétille de partout.

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Marie Elizabeth ou Mère Theresa, une mère avec une paix intérieure qui rayonne, rayonne. Allez la voir, vous sentirez les bonnes “vibres” par vous mêmes!

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De petites montagnes en petites montagnes, nous glissons puis nous hissons pour croquer les fruits du terrain: ananas, bananiers, jacquiers, papayers, anacardiers et  cocotiers.

Les douceurs naturelles enterrent celles des produits élaborés de la ville: beurre, fromage,  sauccisses de porc… nostalgie des anchois marinés dégustés chez Charlotte et Philipp à Dar, péché mignon de Greg.

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Toujours un charbonnier au charbon!

Le vent est chargé d’une odeur forte, familière. En nous rapprochant, nous dénichons sous un bel anacardier, un “atelier buissonier”.

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Après avoir détaché la pomme, un homme, debout, fait dorer les noix au soleil, et remue en parallèle quelques autres qui flambent sur une tôle.
Pendant ce temps, des parfums se dégagent des noix, ceux que nous avions pour la première fois senti lors de nos expérimentations…

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Les noix de cajou noient leur chagrin au soleil.

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Chargées d’huile, les coques flambent avec une lueur éblouissante.

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Oblong, le jacquier, ou fruit de l’arbre à pain, a une forme tellement peu géométrique,  non symétrique, diforme, qu’il déforme les perceptions du monde végétal.

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Mais tellement succullent et collant à la fois, il nous envoûte.

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À midi, nous retrouvons la cuisine simple, un riz haricots rouges, “wali maharague”, et aujourd’hui en  bonus, un mini poisson. La cuisinière nous verse de l’eau sur les mains grâce à une cruche au dessus d’une bassine. Comme en Éthiopie et au Kenya, ce geste simple est une tradition, une rituel qui précède le repas.

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Un demi tour de globe plus tard, après avoir retrouvés les caresses du vent sur le visage, le soleil qui chauffe la peau, l’exercice qui ennivre la tête, Soulemane et Aïcha nous tendent les bras pour la nuit.

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Hisser le saut du puits, un grand jeu pour les nôtres.

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“Abnormal”, anormal?
Pourquoi même les voitures maintenant nous jugent? Quel culot!

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Acrobates en herbe

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Une montée,  un effort pour hisser les vélos jusqu’en haut. Une mère, un baluchon de linge sur la tête, un môme sous le bras, un seau d’eau  plein au bout de l’autre bras…10% plus loin, plus incliné,  plus haut, une autre, un fagot de bois sur la tête,  allaite son nourisson en marchant, en nous regardant… Le courage à tous les étages.

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Encore des déracinés… les chinois en Tanzanie. C’est l’attraction inconsciente des exilés. Ils nous invitent à rester pour une nuit dans leur camp. Ils stockent ici des tubes, “pipelines”, qui servent au grand jeu de légo pour acheminer jusqu’à Dar le gaz issu des nouveaux gisements découverts dans le sud près de Mtwara.

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Certains nous ont dit que les chinois d’ici sont des repris de prison. Ils viennent là pour purger leur peine.. deux ans sans revenir pour le chef Lio, au centre de la photo.
Au petit matin. Greg surpris, expérimente même les toilettes communes avec eux. Pousser à deux, c’est mieux… la pudeur semble s’éteindre dans la tradition chinoise.

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La pharmacie se remplit, nous sommes médecins malgré nous. Made in China in Tanzania. Une antidote contre les serpents, et encore du camphre, camphre, camphre sous toutes ces formes, contre toutes les formes de maux. On s’alourdit…
Avouons aussi que nous avons failli vendre Tafadhali à Lio, car son comportement étrange à Dar, son poids croissant nous tourmente. Heureusement,  Lio a compris l’importance du chien dans notre aventure. Il ne le mangera pas selon la légende, et ira jusqu’à nous sponsoriser du même montant. Merci Lio.

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Chaque rencontre enrichit, enrichit. Partout, l’homme pense, applique, essaie, transforme, s’accomplit. De plus en plus, pousse en nous l’envie d’appliquer, essayer, transformer les trésors découverts lors de ce périple.  Notre credo:  pensez mondial, agissez local veut éclore.

Tanzanie: 2/09- 24/09: Dar es Salaam: éducation pour tous, Byzance à Dar et étrange étranger

À 15 km de Dar es Salaam, nous rencontrons notre salut sur le bord de la route, il nous guide à la “Salvation Army”. Au matin, nous découvrons même des soldats blancs, norvégiens, suédois, et néerlandais, officiers en mission ici pour quelques années avec leur famille. Encore un système volontaire, humain, saupoudré sur notre route! Imaginons un monde, où chaque numéro de rue serait une armée du salut, où chaque mur serait refuge, aide, où chaque individu voudrait aider l’autre, dans une compétition internationale, chacun lorgnant son voisin non, pas pour ce qu’ il possède, mais par ce qu’il donne, par ce qu’il fait de bien aux autres. Imaginons encore…

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La nuit suivante, nous dormons chez un couple de belges, connaissance d’amis. Au petit matin, nous leur demandons la permission, au cas où nous ne trouvions un autre espace, de revenir le soir planter la tente après avoir rempli nos démarches administratives. Elle nous répond avec beaucoup de sang froid: “nous ne préfèrerions pas” … une grande première en 1 an et demi de voyage … et dire que ces gens tiennent une agence de voyage “afrique aventure”, évitez… Faites-vous même votre propre voyage. Chaque numéro de rue n’est pas encore l’armée du salut… Nous voilà à la rue le sang glacé, avec une pluie en bonus. Vive la ville, son inhumanité, son trafic, son fric…

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À l’école française, la nouvelle directrice est bien rigide: pas d’inscription sans la consultation de la commission pour les bourses, pas de consultation sans statut de résident, .. passez par la case ambassade pour la suite des aventures
A l’Ambassade,  “ah vous voilà, nous vous attendions, vous avez donc réussi à déjouer nos pièges…” L’humour est au rendez vous. Il enchaîne en dégainant son appareil pour immortaliser l’arrivée du colis. Malheureusement il quitte son poste sous peu et nous présente sa jeune remplaçante débutante pour qui par principe rien n’est possible. “Ah! Vous êtes ceux qui peuvent nous apporter des problèmes… ” sous entendu du travail en plus… les allers-retours école ambassade démarrent. Ce jeu de ping pong si peu humain nous décourage très vite. La bureaucratie s’embourbe, et quand l’administratif s’en mèle cela devient vite un fiasco sans queue ni tête. Une attestation d’hébergement ne lui suffit pas . Elle veut la preuve que nous dépensons du fric.  Sans quittance de loyer, pas de statut de résident , sans satut de résident, pas de bourses, sans bourses, pas d’école, la boucle du cartable est bien bouclé…

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Et pour clôturer l’amertume de nos enfants qui se projetaient déjà à l’école ( on veut toujours ce qu’on a pas…), la directrice a la finesse de s’adresser directement à eux ” vous savez, les enfants, l’école, c’est pas gratuit! “Annie” aime tellement les sucettes qu’elle ne les partagent pas.. le fric domine même l’éducation… quelle horreur! Jules Ferry se retourne dans sa tombe tandis qu’Arthur Rimbaud a honte de lui avoir prêté son nom.

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Extrait d’une publicité de la revue mensuelle de l’ambassade…

Nous sommes partagés entre l’image utopiste de l’éducation pour tous, notre soif d’apprendre et notre liberté qui place le savoir comme un devoir au dessus de tout rapport primaire à l’argent. Comment briser un rêve de môme. Jalousie, comparaison, jugement, très vite nous lui préférons l’école buissonière ou une école dans l’esprit de celle de Steiner où l’élève existe en tant qu’homme et non comme produit…
Un grand merci encore à monsieur Pasquiou de l’école d’Addis pour son soutien moral et sa philosophie humaniste… pour qui : “refuser d’inscrire un enfant à l’école relève du délit.” Ce n’est pas donné à tout le monde de donner….

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Dégoutés par tant de temps de perdu à tenter de convaincre une directrice incapable de s’engager, nous sortons de notre rendez vous à la nuit tombée ne sachant pas où nous dormirons ce soir. Isaac, qui fait du footing avec ses amis, nous regarde avec admiration, nous questionne. Lui, a su garder sa curiosité. Nous lui demandons où planter la tente dans le quartier Oyster Bay. D’origine tanzanienne, il nous déclare: “Impossible, il y a beaucoup d’insécurité dans ce quartier riche.”.. Rendez-vous plus tard au yacht club, je vous arrange le coup..  3 kilomètres plus loin, sur place, la nuit arrive, nous pensons un instant au faux plan. Mais Isaac arrive enfin tranquillement… Il nous négocie un coin pour la tente, et une invitation à un repas de fête pour les enfants: une soirée pizza les pieds dans l’eau avec tous les expats de Dar. Et c’est là que tout le réseau grouille. MERCI Isaac de nous avoir ouvert la porte de cette caverne à rencontres. Nous surferons d’un plan à un autre pendant 3 semaines.

Au Kenya, en Tanzanie, l’accès aux réserves naturelles est presque impossible pour nous, trop fermées, trop chères. A Dar es Salaam, nous pouvons enfin passer derrière les barrières électriques…celle des maisons d’expats.
Unicef, WFP, ambassade, CEE, UNHCR, UN: Tous ces représentants des nations unies, coopérateurs, pourvoyeurs, bienfaiteurs, sont dans un nuage. Encore beaucoup de grosses cylindrées démesurées, de demeures surdimensionnées, sur gardées, sur aidées… Délocalisés, déracinés, tous ces gens sont gâtés pour compenser leur exil. Que reste t’il pour ceux qu’ils sont censés aider? Les ambassades ne sont pas les derniers dans cette étrange inhumanité.
Nous oscillons nous même entre tentative d’autonomie, et tentations de confort. Nous pensons à nous soigner, nous gâter un peu après ces temps difficiles…et enterrons nos âmes quelques temps.

Jim l’anglais nous prolonge notre visa de visiteur du club… pour 2 jours. c’est byzance à Dar! Piscine au réveil, école pour les enfants sur la terrase qui surplombe la baie. Bain d’eau salée dans l’océan,  et wifi pour se mettre à jour, s’informer, s’instruire.

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Quelle dure vie de nomade!

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Et toi, où es ton étoile?

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Les diables du yacht

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Jao parvient même à gratter des frites avec de la mayonnaise dans la cuisine chic du lieu: un trésor rare pour nos mômes.

Mais comme  tout a toujours une fin. Un jour, Brian le comodore surgit et aboie pour nous expulser. Nous avons le temps d’un instant le désagréable sentiment d’être des gitans, enfin ce n’est pas qu’un sentiment…

Heureusement, nous sommes repêchés par Martin, dont la femme travaille à l’ambassade du Canada. Il a tout entendu de la scène inhumaine de Brian, chien alcoolique, et la pitié nous sauve.

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Plaisir de mettre la tente dans les jardins des corps diplomatiques.

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Puis c’est Thuy Ha, Philippe, Jules et Aléanore qui nous accueillent: Rares sont les gens du haut du globe qui nous accueillent avec autant de véhémence. Fusion, proximité, nous pénètrons dans leur vie comme ils pénètrent dans la nôtre. Ils sont résolument curieux, et c’est plus dur, plus riche de l’être,quand on est bien installé dans un confort doré. Nous découvrons des points communs: Les enfants, l’exil, Madagascar. Alors chacun de nous revit les parfums, les saveurs, les paysages de la grande île.

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Jules et Jao, joutes de jeu

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En ville, nos contacts avec les automobilistes sont plus que jamais fusionnels. Le nombre de vélos est tellement faible, que peu de gens ne se soucient de leur existence. Il y a bien sûr les dépassements périlleux où même une voiture en face ne gêne plus… nous nous sommes nous aussi habitués au style tanzanien. Mais lorsqu’il nous dépasse d’un peu trop près, tout en nous faisant un grand signe de la main, du genre poussez vous sur le bas côté, vous genez ma course de bolide… le plus souvent avec un téléphone dans l’autre main, en terminant par une queue de poisson. on explose, on maudit ceux qui leur ont vendu le confort, on s’interroge sur nos raisons de les critiquer. C’est toujours la même histoire. Incapable de freiner avant de nous dépasser, mais capable de piler lorsqu’une  bosse, un trou pourrait endommager sa bagnole, son piège à paresse, son gouffre à fric, son catalyseur d’ego, de guerre, son …

En ville, nous soignons tout de même quelques douleurs …
Carrie d’Hansel, staphylocoque doré version hard core. Greg et Cécile passent au bistouri au dispensaire. Merci au corps médical tanzanien, qui apprécie notre simplicité, notre humanité, et contribue à notre périple en nous ofrrant les soins.

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Puis la chaîne d’accueil en ville se fait grâce au vélo.  Allan, ami de Martin, fournit à Greg un axe de roue de vélo pour remplacer celui de la carriole, et l’aide à bricoler. Puis nous sommes invités à rester quelques jours dans leur belle famille avec Liz, et leurs deux filles Cathy et Laura. Avant d’être la reine de l’accueil, Liz travaille à l’ambassade d’Angleterre.
Les expatriés ont comme ils le disent, des vies dorées qu’ils n’auraient pas dans leur pays d’origine. Ils ont tous gardiens, femme de ménage, cuisinière, nounous… beaucoup de temps pour eux. Nous voici pour un instant transportés dans un monde plus que confortable.

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Allan a fait le “tour d’Afrique “, une boucle de 4 mois du Caire au Cap organisée chaque année avec pas moins de 80 participants. Et tous les matins à 6 heures, il fait une boucle d’une heure en Afrique. Toute la famille se déplace à vélo, Liz chante, Laura et Cathy font du Théâtre.
Comme beaucoup d’expats, ils sont là pour 3 ans…
Ils ont même une maison en France, et parlent d’ailleurs notre langue avec beaucoup d’aisance, si rare pour des anglo-saxons!

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Et un staphylocoque doré de plus, incisé. Merci Liz pour tes soins d’ancien médecin.

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Et l’accueil y est tellement bon que nous y revenons! Liz:” you are more than welcome”. L’atelier d’arts plastiques pour les enfants, la piscine, la douceur des habitants, la petite bière d’Allan à 17h, etc, etc…

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Bonheur de cuisiner avec tant d’ingrédients!

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Cathy pour le challenge du moment qui court sur la toile… récolter des fonds pour une maladie rare.

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Et Cathy en selle pour l’école des 7h

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Même Tafadhali a trouvé un copain avec Max.

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Les cookies fait maison sont délicieux.

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Liz sait que nous cherchons des livres pour les enfants. Aussitôt dit aussitôt fait. Olivier, un ami français nous en apporte.

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Olivier et Vivienne et leur 3 filles ou les sources littéraires… Des gens avec qui nous aurions aussi aimé passer plus de temps… Curieuses, vives, malicieuses,  leurs trois princesses charment d’emblée nos trois petits gars… Ils ont le point communs d’être tous les 6 très sociables. Merci pour les livres et la délicieuse soirée.

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Puis vient le tour de Philipp, Charlotte, Salomé et Camille. C’est Philippe, un autre français voileux qui nous a tuyauté.

Ensemble nous développons sur l’état nomade et sédentaire: les rapports avec la famille en tant qu’expat, la promiscuité de la notre…en vélo, nous sommes toujours ensemble… Et Jao découvre même le grille pain avec Charlotte. “Oh! Tu as caché la tartine, toi? ”

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Et avec un peu plus de temps, l’amitié prend forme. On s’attache, on approfondit. Ça fait du bien… ça nous manquait…
Nous découvrons leur quotidien. Comme beaucoup, ils vivent sur la péninsule dans une sorte de ghettos. Charlotte donne des cours de yoga et monte une expo photos sur “les cabinets de curiosités”.
Quel bonheur pour Cécile de découvrir le yoga pour un cours d’essai sans les mômes… merci Charlotte. L’union fait la force…

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Expatriés comme nomades, nous sommes sans cesse confrontés au choc culturel: étonnements, frictions, admiratons, répulsions, quiproquos, irritations, gaffes, découragements, exaspérations. A l’étranger,  nous finissons par ressentir ce qui fait de ces gens, si incompréhensibles parfois, nos semblables, nos frères.  Et, de leurs normes, de leurs coutumes, nous, adoptons petit à petit ce qui répond à celles de nos aspirations inconscientes qui n’existait pas dans notre culture d’origine. Etranges étrangers, nous nous enracinons entre expats déracinés.

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Et pour prolonger les bons moments, deux pots de confiture maison en cadeau.

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Des artichauts marinés,  du beurre, du lait,  une omelette et une variété de fruits, un brunch plein de saveurs, plein de racines.

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Et la veille de notre départ, Philipp et Charlotte nous apprennent que le visa du Mozambique ne peut s’obtenir à la frontière…
Et Obtenir le sésame pour le Mozambique à Dar, c’est pas peinard. Attestations de notre périple par l’ambassade de France, extrait de compte bancaire, tentatives de dessous de table,une histoire à quatre temps, une messe à rebonds. 4 jours plus tard, c’est le départ. Merci aux séjours prolongés chez les uns et les autres. Allons à la campagne et oublions Dar.